CLÉMENTINE LORTET


Clémentine est le deuxième enfant du Dr Pierre Lortet.
Elle naît le 7 juin 1830 à Zürich et meurt dans la propriété familiale d'Oullins, le 7 juin 1898, 3 ans avant son frère aîné Leberecht.
Elle ne s'est pas mariée ni n'a laissé d'enfant. Ce célibat est volontaire et la raison en est donnée plus loin.

Leberecht l'a très certainement photographiée, mais ses photos n'ont pas de légende. Peut-être est-ce cette personne. A confirmer !


Le peu que l'on sait d'elle est résumé dans l'ouvrage d'Antoine Magnin sur les Lortet botanistes :

"Clémentine (qui avait 7 ans à la mort de sa mère) a été longtemps la compagne habituelle - "l'Antigone" de son père. "On la voyait vêtue de pantalons et d'une blouse grise, portant vaillamment en bandoulière un sac de cuir rempli de ces pierres cassées que les géologues qualifient d'échantillons". Elle a laissé le souvenir d'une femme remarquable, très intelligente et très instruite".

Un petit billet qu'elle rédige à l'âge de 12 ans en allemand (elle est née à Zürich et est bilingue comme Leberecht), révèle son goût pour la musique :

"Mon cher Père,
Il y a longtemps que notre chère mère ne peu plus se réjouir avec nous. 
Si elle était encore là, elle serait aussi heureuse.
Je te donne mon porte-monnaie, c'est tout ce que je peux faire. 
Cher Père, si tu crois que tu peux m'acheter un piano, fais-le, je t'en prie !
Ta Clémentine qui t'aime".

Mais c'est le testament de son père qui résume de façon simple et émouvante ce qu'a été sa vie :

"Mes enfants,
Je compte sur votre amour fraternel pour partager également selon vos goûts, ce qui vous sera utile et agréable.
Leberecht ! Louis ! n'oubliez que pour soigner son père et ses frères, Clémentine a sacrifié sa jeunesse, a renoncé à tous les plaisirs de son âge. 
Louis ! n'oublie pas les soins que Leberecht et Clémentine ont donnés à ton enfance.
Dans les papiers de famille, vous trouverez la preuve que je suis protestant.
Si on le peut, enterrez-moi à côté de la maman.
Voilà ce que je désire.
Oullins, le 10 mars 1866, P. Lortet".

Ajoutons pour finir cette citation de paroles de sa sœur trouvée dans les papiers de Leberecht :

"Il semble que la souffrance soit la condition naturelle de la vie, et que plus on aime, plus on souffre.
Mais qui voudrait aimer moins pour avoir moins à souffrir".

2 commentaires:

Monique W a dit…

Bonjour Pierre,

Clémentine représente très bien ces femmes qui, à cette époque, se sacrifiait pour leur famille.

Nous ne saurons sans doute jamais si elle en a souffert.

A bientôt

Monique W

Pierre Lortet a dit…

Oui. Elle m'a fait penser à la fameuse chanson de Hugues Aufray : Céline...
On voit en tous cas dans le testament du père qu'il était tout à fait conscient de ce sacrifice.